Conférence des AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE ABIDJAN

Abidjan, EDHEC, le 14 novembre 2009.
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas mais c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles »
Sénèque
Le discours économique sur l’Afrique est dominé par des non-Africains. Monopolisé par les stars du rock, les économistes et les politiciens occidentaux, le débat oscille entre paternalisme et néocolonialisme, entre condescendance et mauvaise conscience. Le continent est plombé par l’image de la misère. On ne peut nier la pauvreté mais l’Afrique dispose d’un dynamisme et d’une réussite qu’il est regrettable d’occulter.
Il est donc urgent que l’Afrique se réapproprie le débat, temps également de sortir de la pensée unique distillée par les bureaucrates des institutions internationales. Car, si l’on fait le bilan des cinquante années d’indépendances, on ne peut que constater l’échec des politiques successives qui ont été imposées à l’Afrique.
On ne peut que constater que le système de l’aide internationale a enfermé les dirigeants africains dans un sorte d’inertie. Ils préfèrent désormais rendre des comptes à la communauté dite internationale qu’à leurs populations qui ne les intéressent que le jour du scrutin pour mimer un semblant de modèle démocratique. Ils semblent fuir les vrais problèmes, se réfugiant en victimes derrière l’iniquité d’un système sans rien entreprendre pour lutter contre, d’autant qu’ils tirent d’énormes dividendes personnels de cette situation. Pourquoi scier la branche sur laquelle ils sont assis ?
Pourtant, les possibilités de l’Afrique sont énormes et les nouvelles voies de développement sont possibles, encore faut-il oser s’engager sur cette voie de progrès.
On peut cependant s’interroger légitimement : Si le système mondial est contraire aux intérêts de l’Afrique et si les dirigeants africains, dans leur grande majorité, s’en contentent et en tirent eux-mêmes profit, que pouvons nous faire à part rester les bras croisés en attendant l’avènements de nouveaux leaders ? Qui pourrait recentrer la réflexion autour de la recherche du bien-être du plus grand nombre ? Qui à part les intellectuels africains ?
De tous temps les intellectuels ont été persécutés car ils sont porteurs des changements qui effraient et gênent. C’est d’évidence la preuve de leur importance et de leur pertinence.
Dans un premier temps, nous ferons un bilan succinct et non exhaustif des cinquante années d’indépendances, puis, nous mettrons en avant les énormes capacités de développement dont dispose le continent africain, avant de terminer en appuyant le rôle important que peuvent jouer les intellectuels dans cette renaissance du continent. Lire le reste de cet article »









